Anouk GRINBERG
Artiste multidisciplinaire, Anouk Grinberg a retrouvé ses pastels, et ses encres après l’écriture de son dernier livre, “Respect” (Ed.Julliard), pendant la rédaction duquel elle avait mis en pause son travail pictural.
Ce sont, pour l’essentiel, ces œuvres nouvelles, plus lumineuses et plus sereines, que propose de découvrir la Galerie GNG début 2026, année également marquée pour Anouk Grinberg par la sortie de trois nouveaux films.
6 janvier – 14 février 2026
« Quand je dessine, des présences muettes me traversent, que je transcris en direct, hors la volonté, hors la conscience. Une sorte de hors-piste. C’est un corps à corps avec le mercure d’émotions indicibles, des centaines d’heures dans la physique du dessin, un mélange de spéléologie intérieure, de course en aveugle, d’excitation à créer, de tambouille avec les craies, les liquides, l’inconscient comme il va vite, comme il sait, comme il adore les pinceaux et comme il guide la main. Le dessin surgit, je l’accompagne sans être sa commandante ; c’est gai même quand c’est triste, parce que c’est libre. Hommes, arbres, paysages, tout est un aveu qui me dépasse. Mais ne me demandez pas ce que j’avais dans le cœur.
Sauf que voilà…mon réservoir a changé depuis deux ans : il y a eu mon livre “Respect ”. Je savais, en disant la vérité, que je prenais le risque de ne plus pouvoir dessiner, d’être devenue trop consciente, donc impuissante à produire des images libres, surgies des profondeurs. Pendant l’écriture, je n’arrivais plus à dessiner, la source était tarie ; je ne voyais que des mots, il n’y avait plus qu’eux comme issue.
Alors dans quelles profondeurs j’allais puiser maintenant que j’avais compris et nommé mes
terreurs ? Avant, c’était un moteur puissant pour dessiner, j’échappais à mon cachot et j’en faisais des fleurs. Mais maintenant qu’il n’y a plus de cachot, ma musique a changé. Quand je suis retournée à l’atelier, j’étais démunie et curieuse. Je ne savais pas ce qui viendrait, si ça vivrait encore. Est-ce que je pêcherai encore des poissons ? Et la merveille, c’est que ça a répondu. »
Anouk Grinberg