Jean-Louis Bertuccelli


Jean-Louis Bertucelli débute au cinéma et à la télévision en tant qu’ingénieur du son entre
1964 et 1966. Il participe à la réalisation de magazines comme Un million de jeunes et Zoom. Attiré par la mise en scène, il réalise plusieurs courts métrages : Jeanine ou l’amour, La mélodie du malheur, Oaxaca et Tricot. En 1969, il tourne son premier long métrage Remparts d'argile.

Adaptation d’un livre de Jean Duvignaud, Chebika, ce film, qui se déroule dans un village algérien, met en scène des comédiens professionnels évoluant au milieu des habitants jouant leur propre rôle. Entre film et reportage, l’auteur scrute la condition humaine d’une femme au quotidien. Deux ans plus tard, il réalise Paulina 1880, adapté du roman de Pierre-Jean Jouve. Interprétés par Olga Karlatos, Maximilian Schell, Michel Bouquet, Samy Frey, ce film, en costumes, veut illustrer et dénoncer une certaine société d’alors. Un thème qu’il reprend en 1973 puis en 1975 avec On s’est trompé d’histoire d’amour et Docteur Françoise Gailland, deux films dans lesquels l’auteur dénonce la société contemporaine. En 1976, il réalise et produit L’imprécateur, tiré du roman
de René-Victor Pilhes. Ses trois films sont des échecs et Jean-Louis Bertucelli prend ses distances avec le cinéma. Il renoue avec la réalisation en 1982 avec Interdit au moins de treize ans qui devient réellement interdit au moins de 13 ans pour des scènes jugées trop violentes où l’on voit des jeunes brûler des voitures. Deux ans plus tard, il réalise Stress interprété par Carole Laure, Guy Marchand et André Dussollier. Cette fois-ci, Jean-Louis Bertolluci s’adonne au thriller psychologique avant de se tourner vers la comédie en 1991 avec Aujourd’hui peut-être.

Jean Louis BERTUCCELLI

Cinéaste, photographe et compositeur

Notre rencontre commence par un cadeau, ces quelques mots : « Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l’appelle un papillon ».

C’est le photographe que je suis venue rencontrer dans cette excellente galerie de la rue Visconti, en plein mois de la photo à Paris. Je connaissais la filmographie du réalisateur, la tête remplie de la musique de : Remparts d’Argile, Interdit aux moins de treize ans, On s’est trompé d’histoire d’amour, Aujourd’hui peut-être avec dans le rôle principal la sublime Giulietta Masina, Musique pour l’image… et, plus populaire : Docteur Françoise Gailland, avec Annie Girardot.

L’affiche de l’exposition annonçait un travail atypique, que seul l’œil averti d’un créateur d’images peut produire, un peu aidé par l’aléa dû au soleil qui s’est invité au banquet.

Jean-Louis prend le temps de raconter son histoire, en toute simplicité, en toute humanité.

Dès 1945, ses parents s’établissent à Beaulieu sur Mer, dans le sud de la France. La famille vit la plupart du temps dans l’arrière boutique du salon de coiffure du père. Le petit garçon découvre alors un trou dans le bois de la cloison qui le relie à cet univers, lieu de sources inépuisables d’inspiration.

Conservatoire de Musique de Nice, bac mathématiques, physique - chimie, en 1965 il passe le concours d’entrée à l’Ecole du cinéma de Vaugirard à Paris, section ingénieur du son.

D’abord perchman, puis ingénieur du son, il se passionne pour la caméra et la photo. En 1970, après avoir effectué de nombreux reportages à travers le monde, il devient officiellement réalisateur et se consacre pleinement à ses propres films.

Lorsque je lui demande son plus beau souvenir de tournage, il me parle de tous ces gens qui se sont laissés approcher par sa caméra, parfois avec une certaine appréhension, mais très vite complices, tant l’empathie était visible. Ils s’offraient à l’image, par la magie du mystère d’un regard, d’un sourire, et l’on s’embrassait…

Aujourd’hui, il prend la réalité pour ses rêves et estime avoir droit à la paresse. Il présente des scènes de tournages en couleur, comme cette Petite fille qui boit, ou en noir et blanc comme cette planche contact qui révèle les différentes expressions de Giulietta Masina sur le tournage d ’Aujourd’hui peut-être. Le secret du réalisme de ces images: l'actrice ignorant que la caméra filmait, utilisait le miroir pour se recoiffer entre les scènes.

Il traque également avec son objectif, les vitrines des magasins fermés, badigeonnés au blanc d’Espagne. Il y trouve une autre source d’inspiration. Vision différente de la solitude dans un lieu déserté. La solitude lui est désormais nécessaire. Il aime cette maxime de Nietzshe : « Il n’y a que lorsqu’on a connu le chaos en soi, qu’on peut accoucher d’une étoile qui danse ».

Mylène Vignon


 

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