Patrick Loste


Patrick Loste n’illustre jamais le monde des chevaux. Il ne peint pas ses propres animaux (le mot est-il encore juste?), qui vivent en semi-liberté sur sa terre de montagnard pyrénéen. Il ne fait pas d’images. Il peint d’inconnus cavaliers, infimes passeurs d’immensité. À l’arrache, il peint des Saints Georges qui affrontent,des cavaliers qui chassent, des fauconniers qui regardent le ciel. Il ne cesse de peindre des fabuleux centaures, ses doubles impossibles. Autant de prétextes créatifs, autant de voies pour que le cheval peint puisse habiter enfin la terre innombrable. Après la peinture, chevaucher la bête le remet en selle.... Au centre de son art, le cheval centre l’homme.
Patick Loste peint l’entité cheval-homme, celle qui crée l’étendue par sa foulée, qui fusionne l’homme aux sources de sa profonde et secrète animalité, qui incarne l’instinct de vie le plus profond, celle qui érotise l’intime relation de la bête humanisée au cavalier animalisé qui la monte, et celle enfin qui abolit pour un temps l’impensable distance qui sépare l’homme de sa nature.
(Extrait) texte Christian Noorbergen

 

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